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Le dispositif Jeunes & Femmes

Un bel article du magazine 50/50 sur le dispositif Jeunes & Femmes que je pilote et que j'anime sur les Ulis, à retrouver ici.

En Essonne le dispositif Jeunes et femmes change la vie de femmes des quartiers. Maud Olivier, aujourd’hui députée de l’Essonne et Conseillère générale chargée des questions d’égalité, fut maire des Ulis et présidente de la mission locale. Elle recevait de nombreuses jeunes femmes en demande d’aide. Elle commence alors à travailler sur la prévention des grossesses précoces. Sous son impulsion, en 2010, une initiative en direction des jeunes femmes en situation de grande fragilité est menée : le dispositif jeunes et femmes. La ville des Ulis est jeune, sa population aussi. Beaucoup de jeunes sont sans formation, sans emploi, sans perspective. Les femmes sont mères très jeunes, la maternité leur tient lieu de projet de vie, leur donnant un statut social qu’elles n’ont pas par ailleurs. Le dispositif « jeunes et femmes » est « un parcours de citoyenneté » qui s’adresse à des jeunes femmes de 18 à 25 ans en situation de décrochage scolaire, ou déscolarisées après 16 ans. Ces femmes méconnaissent totalement les institutions et leurs droits. Elles ne connaissent rien de leur corps, sont dans la négation de leur plaisir. C’est la mission locale des Ulis qui gère le dispositif qui, au bout d’un an et demi a été généralisé à neuf des dix missions locales du département, grâce au financement du Conseil général. Les missions locales repèrent les femmes en situation de détresse, souvent victimes de violences ou de prostitution. Les objectifs sont de donner de nouveaux repères aux jeunes femmes qui en manquent à la fois sur le plan familial, personnel, professionnel et de les sensibiliser à l’égalité femmes/hommes et aux stéréotypes sexistes. Il s’agit également de les informer sur la contraception, sur leurs droits. La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud Belkacem est venue en janvier 2013 aux Ulis les rencontrer et saluer tout l’intérêt de ce dispositif. Pendant trois semaines au cours de vingt-deux ateliers, ce sont huit à douze jeunes femmes qui participent à des ateliers de théâtre forum avec la Compagnie NAJE (1). « NAJE, c’est le fil rouge des sessions, en jouant elles prennent conscience » explique Sonia Lebreuilly, sexologue, présente depuis l’origine du projet. Elles visionnent le documentaire de Patric Jean, la domination masculine. Pendant ce temps de formation, elles auront rencontré des associations (Mouvement du Nid, Paroles de femmes, le CIDFF), auront visité la PMI, le Louvre, l’Assemblée nationale, été reçues par des chef-fe-s d’entreprise etc. Cent jeunes femmes ont bénéficié du dispositif sur l’année 2012-2013, soixante huit jeunes femmes sur l’année 2013-2014. Parmi les stagiaires de 2013-2014, 24% étaient déjà maman et 4% enceintes, 40% étaient en rupture familiale, 63% avaient un niveau 3ème ou CAP, 30% le niveau BAC ou le BAC et 7% un niveau supérieur au BAC. Un bilan impressionnant Suite au stage, six femmes ont trouvé un emploi, quatorze sont en formation et vingt huit en POP ou en stage. Au total ce sont 71 % des stagiaires qui sont dans une démarche active vers l’emploi. Cinquante et une stagiaires ont entrepris des démarches en termes de santé, de citoyenneté ou juridique pour faire valoir leurs droits, soit 75 % des stagiaires qui se sont prises en charge. Lors du premier bilan réalisé sur le dispositif, des situations de prostitution avaient été décelées. Mais les chiffres ont explosé, une fois les conseiller-e-s formé-e-s, et donc plus à même de repérer les situations à risque. Toutes les stagiaires souhaitent laisser des témoignages mais ce qu’elles veulent, avant tout, c’est faire passer des messages aux autres femmes.


Elles disent : « Ça m’a réveillé, j’étais sonnée et ça m’a permis de me relever. » « Maintenant j’ai envie de me battre, de ne pas lâcher. Je suis motivée. » « Je suis sortie de chez moi. » « C’est la première fois de ma vie que je comprends » « On sait où est notre place dans la famille, dans la société. » Les mission locales continuent de suivre les stagiaires sur le long terme. Tou-te-s les formatrices et conseillère-es se disent impressionné-e-s par les résultats obtenus au bout de seulement trois semaines. Et le bilan est effectivement étonnant. Quand les femmes arrivent aux formations, elles ne parlent pas, ne savent pas se tenir, ne savent pas écrire. Le stage de trois semaines change la vie de la plupart d’entre elles. Elles se tiennent droit, ont écrit des poèmes, dialoguent. Certaines quittent leur logement, elles découvrent les institutions locales, se rendent au pôle emploi, à la CAF, la mairie, au planning familial ce qu’elles n’avaient jamais fait avant. « Le but est vraiment de les rendre actrice de leur vie, leur montrer que tout est possible. Cela peut prendre plus ou moins de temps mais elles s’en sortent vraiment presque toutes » explique Sonia Lebreuilly. Un modèle, une expérience à dupliquer dans d’autres départements. C’est d’ailleurs ce qu’a préconisé le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes dans son rapport EGALiTER (2) « Combattre maintenant les inégalités sexuées, sociales et territoriales dans les quartiers de la politique de la ville et les territoires ruraux fragilisés » rendu public le 19 juin dernier. Caroline Flepp 50-50

(1) NAJE (nous n’abandonnerons jamais) est une compagnie théâtrale professionnelle pour la transformation sociale et politique. Elle pratique le Théâtre de l’Opprimé méthode Augusto Boal. (2) Lire le rapport EGAliTER

Photos prises par des stagiaires des Ulis dans le cadre d’une exposition réalisée en 2014.

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SONIA LEBREUILLY

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